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Sous-traitance dans le bâtiment : les règles

Confier une partie d'un chantier à un confrère, ou travailler comme sous-traitant pour une plus grosse entreprise, ça arrive souvent. Mais la sous-traitance a ses règles : acceptation par le client, garanties de paiement et TVA autoliquidée. Voici l'essentiel, sans jargon.

L'essentiel. Dès qu'une entreprise confie une partie de son marché à une autre, on parle de sous-traitance (loi du 31 décembre 1975). Le sous-traitant doit en principe être accepté par le maître d'ouvrage et ses conditions de paiement agréées. Côté facture, dans la plupart des cas de travaux de bâtiment, le sous-traitant facture en hors taxes et la TVA est autoliquidée par l'entreprise principale. On ne peut pas sous-traiter la totalité d'un chantier.

C'est quoi la sous-traitance, concrètement ?

La sous-traitance, c'est le contrat par lequel une entreprise (l'entrepreneur principal, aussi appelé donneur d'ordre) confie à une autre entreprise — le sous-traitant — l'exécution d'une partie du chantier qu'un client lui a commandé. Il y a donc trois acteurs :

Exemple courant : un plombier-chauffagiste décroche la rénovation complète d'une salle de bains et sous-traite la partie carrelage à un carreleur. Le carreleur est sous-traitant ; le plombier reste responsable de l'ensemble vis-à-vis du client.

Les grandes règles à connaître

1. L'acceptation et l'agrément du sous-traitant

Le sous-traitant doit, dans la plupart des cas, être accepté par le maître d'ouvrage, et ses conditions de paiement agréées. En clair : le client sait qui intervient réellement sur son chantier et à quelles conditions il sera payé. C'est une protection pour le sous-traitant, qui n'a pas de lien contractuel direct avec le client final. Ne pas faire accepter un sous-traitant expose l'entreprise principale à des sanctions et fait perdre au sous-traitant certaines garanties de paiement.

2. Les garanties de paiement

La loi cherche à protéger le sous-traitant, souvent le plus fragile de la chaîne :

Ces mécanismes évitent au sous-traitant de rester impayé si l'entreprise principale a des difficultés.

3. On ne sous-traite pas tout

Sous-traiter l'intégralité d'un marché est en principe interdit : l'entreprise principale doit garder une part d'exécution et un rôle réel. Impossible de se contenter de « revendre » le chantier à un tiers.

4. L'assurance et la responsabilité

Chaque intervenant doit être couvert pour ses propres travaux : le sous-traitant a besoin de son assurance décennale pour les ouvrages concernés. Attention, vis-à-vis du client final, c'est l'entreprise principale qui reste responsable de l'ensemble de l'ouvrage.

5. La TVA autoliquidée dans le bâtiment

C'est le point qui change le plus la facture. Depuis 2014, pour les travaux de bâtiment réalisés par un sous-traitant pour le compte d'un donneur d'ordre assujetti à la TVA, c'est le mécanisme de l'autoliquidation qui s'applique dans la plupart des cas :

Ce régime vise à limiter la fraude. Il ne s'applique pas à toutes les situations (la fourniture seule de matériaux, la location de matériel, ou une relation qui n'est pas de la sous-traitance suivent d'autres règles).

Les règles, seuils et conditions de la sous-traitance et de l'autoliquidation de TVA peuvent évoluer et dépendre de votre situation précise. Ne prenez pas cette page pour un conseil juridique : vérifiez le régime applicable sur service-public.fr et impots.gouv.fr, ou auprès de votre comptable.

Exemple — un carreleur sous-traitant d'un plombier

Un plombier-chauffagiste rénove une salle de bains à Nantes et sous-traite la pose de carrelage à un carreleur, avec accord du client. Le carreleur établit sa facture au plombier (le donneur d'ordre), en autoliquidation :

DésignationQtéPU HTTVATotal HT
Préparation et ragréage du sol1180,00 €Autoliq.180,00 €
Pose carrelage mural + sol (m²)1842,00 €Autoliq.756,00 €
Joints et finitions190,00 €Autoliq.90,00 €

Total HT : 1 026,00 € — TVA : néant (autoliquidée par le donneur d'ordre) — Net à payer : 1 026,00 €. Mention obligatoire sur la facture : « Autoliquidation — TVA due par le preneur, art. 283-2 nonies du CGI ». Chiffres donnés à titre indicatif.

De son côté, le plombier facture le client final avec TVA (par exemple 10 % ou 20 % selon la nature des travaux et le logement), sur son propre devis puis sa propre facture. La TVA vit toujours au niveau de la ligne, jamais au niveau du document.

Erreurs fréquentes

Checklist avant de sous-traiter (ou d'être sous-traité)

Comment Vokeo aide

Vokeo gère la TVA au niveau de chaque ligne : que vous facturiez un client final avec TVA ou un donneur d'ordre en autoliquidation, chaque prestation porte son propre traitement et le PDF affiche la ventilation correspondante. Les mentions obligatoires (dont l'autoliquidation le cas échéant) et votre assurance décennale sont ajoutées automatiquement. La numérotation reste séquentielle par année, et un devis signé se transforme en facture par copie : la facture est figée, fidèle au devis accepté. Rien n'est inventé à votre place — l'application reprend ce que vous avez saisi ou dicté, jamais un prix sorti de nulle part.

Des factures carrées, même en sous-traitance

TVA par ligne, autoliquidation, mentions incluses. 19 €/mois.

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Questions fréquentes

Un sous-traitant du bâtiment facture-t-il la TVA ?

Dans la plupart des cas de sous-traitance de travaux de bâtiment, le sous-traitant facture en hors taxes et n'applique pas la TVA : c'est l'entreprise principale qui l'autoliquide. La facture porte alors la mention « Autoliquidation ». Le régime dépend de votre situation, vérifiez-le sur impots.gouv.fr.

Faut-il faire accepter le sous-traitant par le client ?

Oui. Le sous-traitant doit en principe être accepté par le maître d'ouvrage et ses conditions de paiement agréées. À défaut, l'entreprise principale s'expose à des risques et le sous-traitant peut perdre certaines garanties de paiement. Référez-vous à service-public.fr et à la loi du 31 décembre 1975.

Peut-on sous-traiter la totalité d'un chantier ?

Non. Sous-traiter l'intégralité d'un marché est en principe interdit : l'entreprise principale doit conserver une part d'exécution. Les règles précises dépendent du contrat et du type de marché, à vérifier avec un conseil ou sur service-public.fr.